Twitter, un moyen d’accès au savoir archivistique

Dans le cadre du cours d’Introduction à l’archivistique que je donne chaque automne à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal, des membres de l’Association des archivistes du Québec (AAQ) viennent présenter l’association dans le but de susciter des adhésions nouvelles. Objectifs louables, s’il en est, que j’encourage vivement, étant moi-même membre de cette association depuis longtemps. Par contre, je m’inscris en faux contre l’argument, sans cesse mis de l’avant, selon lequel devenir membre de l’AAQ permet de se tenir au fait de l’avancement de la discipline. Certes, recevoir deux fois par année la revue Archives n’est pas sans importance, mais cela ne suffit pas. À mon avis, il faut aller plus loin, sinon on risque d’être rapidement dépassé par les innovations qui ne cessent d’influer sur le cours de la profession de records manager et d’archiviste.

Pour suivre le développement de la discipline archivistique, j’ai pris un compte Twitter. Pendant longtemps, j’ai cru que ce mode de réseautage était réservé aux jeunes qui souhaitaient « suivre » certaines personnalités du milieu artistique ou, pour être plus juste, du divertissement (entertainment). En fait, je trouvais ça un peu débile, je l’avoue… Comme vous pouvez le constater, je nourrissais des préjugés assez sérieux envers Twitter alors que, tout en étant conscient de ses limites, je ne dédaignais pas fréquenter Facebook. Mais c’était une erreur et, aux Tweetteux de ce monde, j’offre mes plus plates excuses.

En fait, en prenant un compte Twitter, je me suis aperçu que ce mode de réseautage constituait une immense agrégateur qui me permettait, à partir d’un seul espace, de suivre des associations professionnelles, des institutions d’archives, des établissements d’enseignement et de recherche et, bien entendu, des gestionnaires de documents et archivistes. En quelques mois, je « suis » déjà plus d’une quarantaine de personnes physiques ou morales, et je suis moi-même suivi par une trentaine d’entre eux.

Récemment, une collègue française m’écrivait que son institution bloquait l’accès à Twitter pour les employés. Au départ, c’était également le cas à BAnQ mais, depuis 2010, l’institution elle-même ayant pris un compte, elle a autorisé les employés à s’y mettre… C’est une excellente décision. En ce qui me concerne, jamais j’aurais pu connaître aussi rapidement les problématiques de l’infonuagique (Cloud Computing), de la norme ISO 30300 sur la gestion des systèmes des documents d’activité, du GARP (Generaly Accepted Recordkeeping Principles), etc. En ce siècle déjà bien entamé, un professionnel sérieux ne peut plus se permettre d’attendre la parution d’une revue scientifique pour se mettre à jour.

Je souhaite une excellente année 2012 à tous mes collègues d’ici et d’ailleurs. Si vous aviez une résolution à prendre au cours de la prochaine année, alors ça pourrait être celle de combattre vos préjugés, comme je l’ai fait moi-même en 2011…

Compte Twitter : @ducharmedaniel

4 réponses à Twitter, un moyen d’accès au savoir archivistique

  1. Excellente idee mon cher Daniel. En effet, la course au savoir a pris une autre allure bien plus soutenue, les reseaux sociaux en sont, desormais, a la fois le moteur et le vecteur. En selle alors. Et la je parle pour moi meme et pour les hesitants comme moi !

  2. Je dois avouer que pour la veille, Twitter m’agace avec son mélange assez pénible sur la même page de « conversations » et de « publications ». Malgré les efforts depuis la nouvelle version de Twitter qui facilite le suivi des conversations, c’est toujours si peu pratique. Est-ce trop difficile de séparer les publications de l’utilisateur de ses conversations (par ailleurs souvent inintéressantes et futiles) avec ses amis ?
    Pour moi, je dois avouer qu’il représente encore un service dont je ne sais pas comment vraiment tirer une valeur ajoutée consistante et durable. Il y a bien trop de bruit sur Twitter pour que cela devienne intéressant. De plus, quand on dépasse les dix abonnements, la page principale devient un véritable bordel, et au final on perd du temps sur Twitter. Bien trop de temps. Si on ajoute à ça la limite de caractères qui donne des URL raccourcies, on perd encore plus de temps. Avec une URL complète, je sais où je vais, et ce que je vais voir, je peux sélectionner mes clics, alors qu’avec ces satanées mini-url, on doit cliquer, constater qu’on a été dirigé vers un site de merde, et perdre donc du temps…
    Pour se tenir informé, je pense que rien ne vaut le bon vieux flux RSS intégré dans un agrégateur comme Google Reader. J’ai d’ailleurs couplé Google Reader avec Google Actualité pour plus de pertinence. Je me suis créé un flux RSS avec des mots clés comme « Archives nationales » qui me renvoie donc tous les jours tous les sites/blogs qui intègrent ces mots clés. Et tout ça avec très peu de sites indésirables et une efficacité redoutable, étant donné qu’une grande partie des sites d’actualité du monde sont recensés dans Google Actu.

    • Je vous remercie pour ce commentaire fort éclairant. Il est vrai que Twitter peut devenir assommant et incroyablement chronophage. Toutefois, on peut contourner ce problème: 1) en suivant, d’une part, des institutions et, d’autre part, des professionnels qui tiennent un blog ou un site Web dans le domaine; 2) en utilisant des listes par champ de compétence (par exemple, une liste sur la préservation des archives, une autre sur des archives communales, etc.). Ce qui importe, remarquez, ce n’est pas seulement de recourir à un moyen ou à un autre, mais notre volonté commune de nous tenir à jour. Merci encore.

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