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Archives religieuses: le Regroupement du service des archives du Séminaire et de l’Archidiocèse de Sherbrooke

Pendant longtemps, dans l’esprit des citoyens, le patrimoine religieux n’évoquait que les églises et les objets d’art. Avec la création du comité des archives du Conseil du patrimoine religieux du Québec en 2006, les choses commencent doucement à changer. Le 2 mars dernier, le comité des archives du CPRQ tenait justement sa huitième réunion à laquelle j’ai participé. À cette occasion, j’ai eu le privilège de visiter l’Archevêché de Sherbrooke, un lieu splendide dont la chapelle a été décorée par nul autre qu’Ozias Leduc entre 1921 et 1932.

Mais revenons aux archives… À Sherbrooke, les archives religieuses sont bien servies par des professionnels dévoués à ce patrimoine. À cet effet, je vous recommande la lecture d’un article de Paul-Émile Paré, un prêtre particulièrement sensibilisé à l’importance des archives religieuses. Il vient d’ailleurs de publier un fort joli article dans le Bulletin d’information de l’archidiocèse (Ensemble, 42,2, février-mars 2011) que je vous invite à consulter en cliquant sur ce lien. On y apprend, entre autres choses, que le service d’archives du Séminaire de Sherbrooke, fondé en 1976, partage sa directrice des archives, Huguette Pinard-Lachance, avec le service d’archives de l’archevêché, de ce qui a permis la création du Rassemblement des Archives du Séminaire et de l’Archidiocèse de Sherbrooke (RASSAS), un service d’archives agréé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec depuis 2009. Un exemple de collaboration et de partenariat qui a bien servi le patrimoine archivistique de provenance ecclésiastique.

Photo : Les membres du comité des archives du CPRQ ébahis devant la beauté de la chapelle de l’Archevêché de Sherbrooke (mars 2011)

Table ronde sur l’histoire et le patrimoine religieux

Le 12 mars 2010, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal de l’UQAM organisait une table ronde sur les nouveaux enjeux du patrimoine religieux – conservation, recherche et diffusion. Devant un public d’une vingtaine de personnes, deux historiens, un muséologue et une archiviste ont traité de ces enjeux, chacun à leur manière, sans apporter toutefois de pistes de solution à l’immense défi que représentent la conservation et la diffusion des objets de culte et des archives religieuses.

Le milieu des archives était représenté par Céline Widmer, directrice des Archives des Jésuites au Canada. Avec des effectifs limités, cette dernière a le mandat de traiter, de conserver et de mettre en valeur plus de 1 500 mètres linéaires de documents témoignant de l’implication sociale, scientifique et culturelle de cette communauté au cours des trois derniers siècles. Fait intéressant, cet ensemble d’archives comporte plusieurs fonds privés, notamment ceux des pères jésuites qui, sur une base volontaire, les remettent au service. À signaler également que la mise en valeur, autant que la conservation, constitue une préoccupation constante pour ce service d’archives religieuses qui figurent, avec ceux des Sulpiciens et des Sœurs grises, parmi les plus importants de la région de Montréal.

Les discussions suscitées par les conférenciers ont aussi portées sur la difficulté de transmettre la culture religieuse aux jeunes générations qui bien, souvent, ignorent à quoi servaient les objets de culte qu’on s’évertue à préserver. Cela explique sans doute pourquoi l’aspect artistique des œuvres domine largement les préoccupations journalistiques et populaires sur le patrimoine religieux. À ce niveau-là, le cours d’éthique et de culture religieuse aurait pour but de doter les jeunes de ce savoir indispensable à la compréhension du patrimoine religieux.

En dépit du faible taux de participation, cette rencontre a eu le mérite d’enrichir le débat sur le patrimoine religieux, un patrimoine qui n’a pas fini de faire parler de lui.