Sur le réseau de l’information de Quebecor, le 19 juin 2010, Stéphane Tremblay a rédigé un article succinct intitulé « Une caserne de pompier brûle ». On ne sait rien sur la valeur patrimoniale – si valeur il y avait – du bâtiment. Seulement qu’il était évalué à 300 000 dollars. À la toute fin, il ajoute : « L’édifice abrite également des archives de la localité, la bibliothèque municipale, ainsi que des locaux communautaires. » Vraisemblablement, le fait que des archives de cette ville, dont la fondation remonte au Régime français, seraient définitivement perdues ne semble pas avoir ébranlé ce journaliste outre mesure. Radio-Canada ne fait guère mieux: un article anonyme s’interroge sur l’efficacité du service local de pompiers, sans toutefois prendre la peine de mentionner qu’il y avait des archives dans cette caserne.
Pour en savoir davantage, je suis allé aux sources. Dans l’incendie, les archives historiques de la municipalité ont été – à plus de 95% – sauvées parce qu’elles avaient été, fort heureusement, localisées dans une voûte à l’épreuve du feu. On ne peut pas en dire autant des 1700 boîtes d’archives administratives, des documents semi-actifs pour la plupart, qui ont été irrémédiablement perdues. Bien entendu, le service du greffe de cette petite ville de Lanaudière n’avait jamais pris la peine d’adopter une politique de gestion des documents essentiels (vital records), de sorte que les employés auront fort à faire, dans les prochaines semaines, voire dans les prochains mois, pour récupérer des documents qui leur auraient permis, entre autre choses, de se faire payer par certains créanciers.
Moralité : toute institution, qu’elle soit publique ou privée, devrait adopter une politique de gestion de leurs documents essentiels. Quant à savoir ce que faisaient des archives dans une caserne de pompier, c’est une autre histoire que l’application de la Politique de gestion des documents inactifs des organismes publics devrait faire en sorte d’éviter…