Le 12 mars 2010, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal de l’UQAM organisait une table ronde sur les nouveaux enjeux du patrimoine religieux – conservation, recherche et diffusion. Devant un public d’une vingtaine de personnes, deux historiens, un muséologue et une archiviste ont traité de ces enjeux, chacun à leur manière, sans apporter toutefois de pistes de solution à l’immense défi que représentent la conservation et la diffusion des objets de culte et des archives religieuses.
Le milieu des archives était représenté par Céline Widmer, directrice des Archives des Jésuites au Canada. Avec des effectifs limités, cette dernière a le mandat de traiter, de conserver et de mettre en valeur plus de 1 500 mètres linéaires de documents témoignant de l’implication sociale, scientifique et culturelle de cette communauté au cours des trois derniers siècles. Fait intéressant, cet ensemble d’archives comporte plusieurs fonds privés, notamment ceux des pères jésuites qui, sur une base volontaire, les remettent au service. À signaler également que la mise en valeur, autant que la conservation, constitue une préoccupation constante pour ce service d’archives religieuses qui figurent, avec ceux des Sulpiciens et des Sœurs grises, parmi les plus importants de la région de Montréal.
Les discussions suscitées par les conférenciers ont aussi portées sur la difficulté de transmettre la culture religieuse aux jeunes générations qui bien, souvent, ignorent à quoi servaient les objets de culte qu’on s’évertue à préserver. Cela explique sans doute pourquoi l’aspect artistique des œuvres domine largement les préoccupations journalistiques et populaires sur le patrimoine religieux. À ce niveau-là, le cours d’éthique et de culture religieuse aurait pour but de doter les jeunes de ce savoir indispensable à la compréhension du patrimoine religieux.
En dépit du faible taux de participation, cette rencontre a eu le mérite d’enrichir le débat sur le patrimoine religieux, un patrimoine qui n’a pas fini de faire parler de lui.