Bien que le Grand dictionnaire terminologique de l’Office de langue française indique clairement sa préférence à « image animée » pour désigner les films, les vidéos et toutes formes d’images qui, contrairement à la photographie, ne sont pas « fixes », la communauté archivistique québécoise recourt à l’anglicisme « image en mouvement », une mauvaise traduction de moving picture ou moving images. Dans la langue courante, le mot « animation » désigne le fait d’être en mouvement, notamment « une méthode permettant de donner, par une suite d’images (dessins, photographies), l’impression du mouvement » (Le Petit Robert, 1987). Il ne viendrait jamais à l’idée d’un enfant d’écouter des dessins en mouvement à la télévision, n’est-ce pas ? Alors pourquoi employer sciemment l’anglicisme « image en mouvement » dans le domaine des archives ?
Quand j’ai posé cette question à ma supérieure, elle m’a donné la seule réponse acceptable : « Les Règles de description des documents d’archives ont adoptées ce terme et nous ne pouvons aller à l’encontre des RDDA ». Vérification faite auprès d’une collègue du traitement, je constate qu’il s’agit effectivement du terme qui a été retenu par le comité qui est à l’origine des RDDA. Je suis néanmoins déçu que les membres de ce comité, malgré le travail remarquable qu’ils ont réalisé, n’aient pas réussis à penser en français et, par le fait même, à dépasser le niveau du français fédéral.
Je rends les armes, je baisse les bras… Dorénavant, dans le cadre de mon travail à BAnQ, je me résoudrai à parler d’images en mouvement, même si ça conduit parfois à des aberrations. Par exemple, dans un article de Pierre Chaperon publié dans Cursus (Indexation des images en mouvement : un tour d’horizon (http://www.ebsi.umontreal.ca/cursus/vol6no1/chaperon.html), l’auteur emploie à six reprises « images animées » dans son article dans lequel, à l’exception du titre, on ne retrouve JAMAIS « images en mouvement ». Même chose sur Google : l’équation de recherche « images en mouvement ou images animées » ne donne qu’ « images animées » comme résultat. Tant pis, continuons à parler d’images en mouvement, de système corporatif de gestion documentaire et de disposition finale. Après tout, c’est ce qui nous distingue, non ?